10 000 Potagers en Afrique : Mouvement Slow Food

Auteur 7 avril 2014 1
10 000 Potagers en Afrique : Mouvement Slow Food

Le mouvement Slow Food, qui depuis près de trente ans célèbre la diversité gastronomique des terroirs et promeut un art de vivre dans le respect des traditions culinaires, va s’étendre en Afrique à travers un nouveau projet d’horticulture.
Le mouvement Slow Food lutte depuis près de trente ans contre la standardisation des goûts par l’agroalimentaire et promeut la recherche du plaisir par une consommation responsable de produits de qualité, locaux et de saison. Ce mouvement continue de s’étendre dans tous les terroirs et tous les territoires. Même les pays en voie de développement, pourtant encore épargnés par la culture du fast food et l’industrialisation de la production agricole, n’y sont pas indifférents. L’association vient ainsi d’annoncer le lancement en Afrique d’un vaste programme d’horticulture en faveur des jeunes, visant à créer 10 000 espaces potagers dans tous les pays du continent.
Sur cette terre qui n’est pas encore touchée de manière irréversible par les dégâts humains et environnementaux d’une agriculture industrielle, une large part de la population continue de souffrir de la faim et de la malnutrition. L’enjeu de préserver les structures agricoles traditionnelles dont dépend l’existence de millions de personnes, tout en assurant la sécurité alimentaire de ses habitants, en est d’autant plus important.

Produire et partager durablement

L’extension du mouvement Slow Food en Afrique date de 2010 et 1000 potagers ont déjà été plantés dans 26 pays, principalement d’Afrique de l’Ouest (Maroc, Mauritanie, Mali, Nigeria, Cameroun…) et de la côte Est, de la Somalie à l’Afrique du Sud. Le mouvement souhaite aujourd’hui se lancer dans un projet de plus ample envergure et dont la nouvelle phase a été officiellement lancée le 17 février 2014 à Milan, lors du rassemblement Slow Food pour l’Afrique.

6a00e55049f98e88330162fc948f18970d
Le projet a pour objectif d’apporter un soutien aux communautés locales existantes, dans le respect de l’agriculture paysanne, des produits locaux et de la biodiversité. Cela afin d’assurer aux familles une autosuffisance alimentaire et des revenus complémentaires par la commercialisation de leurs récoltes.
Mais au-delà d’une initiative agricole et alimentaire, le projet revendique une importante dimension sociale. Les potagers se veulent être bien plus qu’un espace de production de nourriture et devenir des lieux d’intégration, de sensibilisation et de partage. Le but est de créer des espaces de rencontre intergénérationnels, de transmission des connaissances et du savoir-faire local des ainés à la nouvelle génération.

Un mouvement international

Le mouvement Slow Food est né en Italie à la fin des années 1980. Son pionnier, le piémontais Carlo Petrini, ne se remettant pas de l’installation sur la piazza di Spagna à Rome d’un Mac Donald et se désespérant de voir l’Italie perdre la richesse de son terroir au profit d’une standardisation de la nourriture, lance le mouvement en 1986. Il prend de l’ampleur au cours des années 1990 et 2000 et est aujourd’hui présent dans une centaine de pays. Par des campagnes, des salons et des activités communautaires, le mouvement Slow Food sensibilise, éduque et encourage les consommateurs à adopter une autre philosophie de vie et à « manger slow », pour préserver non seulement les richesses gastronomiques et les traditions culinaires locales, mais aussi un système agricole plus durable car respectueux de ses producteurs et de l’environnement.
En éduquant les jeunes africains aux vertus et aux bienfaits de l’agriculture traditionnelle, le mouvement Slow Food espère les voir devenir les leaders de décisions et les acteurs de demain sur les plans de la sécurité alimentaire et du développement durable à l’échelle locale, nationale et internationale.

Un commentaire »

  1. Betty10 avril 2014 at 13 h 33 min - Reply

    Une initiative qui convient parfaitement au développement de l’Afrique. Il y a fort à parier qu’elle va s’exporter ailleurs. L’Afrique est une terre d’avenir.

Ecrire un commentaire »