Au Nigeria, l’industrie du cinéma enfin reconnue : Welcome to Nollywood !

Auteur 16 juin 2014 1
Au Nigeria, l’industrie du cinéma enfin reconnue : Welcome to Nollywood !

« Nollywood, » en référence au Hollywood américain : c’est le nom donné à la florissante industrie du cinéma au Nigeria. Enfin pris en compte dans les nouveaux chiffres de l’économie du pays, ce marché en plein essor a de quoi réjouir les réalisateurs comme les investisseurs. Très populaires en Afrique notamment parmi les Africains de la diaspora, les films de Nollywood sont une source d’emplois importante pour le pays.

Il s’agit essentiellement de petites productions, rapidement tournées et vendues par des marchands à la sauvette dans les rues de Lagos, pour un ou deux dollars. S’ils connaissent un succès énorme dans de nombreux pays d’Afrique, les films de Nollywood sont aussi réputés pour leur côté mélodramatique, qui penche souvent vers l’absurde mais raconte des histoires liées au quotidien des Nigérian.

Une croissance éclair

Après révision du PIB, le Nigeria, pays le plus peuplé et premier producteur de pétrole d’Afrique (voir Vincent Miclet – Petroplus Overseas), est devenu la première économie du continent, devant l’Afrique du Sud. Grâce à une production pléthorique, le secteur du cinéma nigérian emploie un million de personnes et compte pour 853,9 milliards de nairas (5,6 milliards de dollars US), soit 1,2 % du PIB. Ces chiffres sont le résultat de nouvelles méthodes de calcul qui intègrent les évolutions les plus récentes de l’économie.

Lors de la dernière révision en 1990, la contribution économique du cinéma était négligeable à l’échelle du Nigeria. Pilier du secteur, l’acteur, réalisateur et producteur Zach Orij se réjouit que le poids économique de Nollywood soit enfin reconnu à sa juste valeur. Le cinéma nigérian « croit régulièrement depuis 20 ans et joue maintenant dans la même cour que ceux du calibre d’Hollywood (…) en termes de quantité de production, avec 1 500 à 2 000 films par an», soutient Jason Kjoku, cofondateur du site de vidéo à la demande Irokotv. L’homme d’affaires nigérian dont l’entreprise est déjà surnommée le « Netflix africain » se félicite que Nollywood soit désormais comptabilisé dans les chiffres de l’économie nationale, car cela reflète le dynamisme de  l’industrie du film locale.

50 films par semaine, un million d’emplois

Avec le changement de la méthode de calcul, le PIB du Nigeria a grimpé en flèche, passant de 264 à 453 milliards de dollars en 2012, et il pourrait atteindre les 500 milliards de dollars en 2013. Ces nouveaux chiffres prennent en compte l’apparition et le développement rapide de secteurs émergents, ainsi que l’évolution des habitudes de consommation des Nigérians ces dernières années. Le domaine des télécoms par exemple est en plein boom, avec une explosion du nombre de téléphones mobiles en circulation.

Selon une estimation des Nations Unies, Nollywood emploie déjà un million de personnes et pourrait potentiellement en créer un million d’autres, si l’industrie est correctement gérée. Le Nigeria créé près de 50 films par semaine, ce qui pourrait presque rivaliser avec le géant que représente l’industrie indienne du film (Bollywood en personne), même si le chiffre d’affaires de Nollywood demeure bien en-dessous, avec 590 millions de dollars par an. Il faut dire que le budget des films nigérians dépasse rarement 25 000 dollars, mais il est intéressant de noter que l’on compte souvent moins d’un mois entre le tournage et le moment où le film est mis en vente.

Le président du Nigeria, Goodluck Jonathan, a annoncé vouloir consacrer trois milliards de nairas (20 millions de dollars US) au développement de Nollywood : un autre signe encourageant pour la reconnaissance de ce secteur. Le piratage reste un problème majeur, mais une meilleure distribution des films pourrait permettre de gagner plus d’argent, qui pourrait alors être réinvesti dans la production.

Un commentaire »

  1. Annie Bunt 24 juin 2014 at 19 h 48 min - Reply

    Il est important que l’Afrique fabrique ses propres images et ses propres fictions.

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