Les économistes africains en quête de notoriété

Auteur 10 novembre 2013 1
Les économistes africains en quête de notoriété

Les héritages coloniaux, notamment britanniques et français, ont permis à une intelligentsia africaine d’émerger au 20ème siècle. Les intellectuels se sont surtout exprimés dans le domaine littéraire avec des auteurs connus comme Leopold Sedar Senghor ou Tahar Ben Jelloun. Avec son émergence économique, le continent a maintenant besoin d’économistes et de leaders qui s’affirment.

La Conférence Economique Africaine (CEA) est la plateforme regroupant les acteurs économiques du continent. Depuis huit éditions, ce cercle de réflexion s’évertue à devenir un haut lieu de la réflexion économique du continent. Les idées y circulent et contribuent à la mise en place de politique économique adaptée au continent. C’est également une plateforme pour mettre en avant les économistes africains.

Un peloton d’économistes africains émerge

Dans un monde en perpétuelle évolution et où les indicateurs macroéconomiques jouent des rôles primordiaux, les économistes sont des acteurs incontournables. Ils apportent leur expertise pour les centres de décision et notamment pour les dirigeants politiques (Etat, collectivités territoriales). Ils recommandent la mise en œuvre de politiques économiques ou réformes économiques pour améliorer le fonctionnement de l’économie afin de l’adapter aux changements. Bref, à travers leurs conseils, un cadre économique pérenne est institué.

Justement, l’Afrique qui connaît une stabilité économique et une croissance saine depuis 10 ans a plus que besoin de ses économistes avisés qui connaissent les réalités et les spécificités du continent. Depuis quelques décennies, un peloton d’économistes de la nouvelle génération tente de faire entendre leur voix auprès des gouvernants. Des personnalités comme Jaona Ravaloson et Dambisa Moyo, économistes indépendants, Célestin Monga, conseiller directeur à la Banque mondiale, l’économiste en chef de la Banque africaine de développement Mthuli Ncube, par exemple, font figure de proue.

Une « race » assez méconnue

Les économistes sont une race assez méconnue en Afrique. Si en Europe ou aux Etats-Unis, ils sont influents et leur voix sont très écoutée, sur le continent noir, ils ne sont encore consultés que prioritairement par les organismes internationaux pour des travaux de consulting ou des études qui doivent forcément correspondre à des standards édictés.

Dans les pays développés, les politiques économiques sont édifiés en accord avec les recommandations des experts économiques. Sur le continent africain, bien que de plus en plus influents, les économistes ne jouissent pas encore de cette notoriété palpable. Le débat sur le développement ne s’épanouit pas encore tout à fait dans les pays du continent. Peu de pays africains disposent de structures à l’image des cercles de réflexion ou d’organes regroupant des économistes.

Les recherches universitaires ne sont pas reconnues à leur juste valeur

Ce manque de valorisation des économistes du continent est expliqué par deux facteurs principaux. D’abord, les recherches universitaires ne sont pas encore considérées à leur juste valeur. Les enseignants chercheurs ne jouissent pas d’indemnité de recherche leur permettant d’effectuer des travaux d’envergure ni de budget spécifique pour traiter des thèmes économiques spécifiques.

Ensuite, la politique macroéconomique de la plupart des pays africains est encore dictée par les bailleurs de fonds. La situation ne peut que s’améliorer pour les économistes. Des établissements comme l’Economic Research Consortium (AERC), basé à Nairobi (Kenya), contribuent à l’émergence d’une nouvelle génération d’économistes. Une initiative qui en appelle d’autres !

Sources : tchadinfos.com, alternatives-economiques.fr, economie.jeuneafrique.com, ea.au.int

Un commentaire »

  1. Cheick Ahmed Touré9 janvier 2015 at 19 h 43 min - Reply

    L’afrique a besoin de ces économistes pour relancer l’economie et crée des emplois

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